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OLD’UP a sélectionné pour vous quelques textes, qui ont semblé à l’équipe de nature à vous informer des travaux et réflexions en cours, concernant notre génération.  Bonnes lectures.  

Faites nous savoir ce qui vous a intéressé et si ce nouveau “chapitre “ de notre site vous paraît de nature à vous apporter un plus dans votre réflexion. 

 Envoyez nous les textes que vous même avez eu envie de partager, afin que nous les mettions à la disposition de nos internautes.

Merci de votre attention et de votre participation. 

 

 

Editorial du Professeur Robert Moulias

 

 EDITO  GERONTOLOGIE –Janvier 2012
« Vieillissement actif » ou « perte d’autonomie » : l’affrontement des concepts.
 R Moulias

Bravo pour le  choix  par l’Europe du thème : le vieillissement actif pour l’année 2012. Ce choix  traduit enfin une conception  plus moderne de la vieillesse. Haro sur le titre régulièrement utilisé par la CNSA et d’autres organismes tout à fait officiels : « La perte d’autonomie liée à l’âge ».

L’autonomie, c’est la capacité de décider pour soi. Elle est conservée même lorsque l’indépendance fonctionnelle est perdue.  Les capacités décisionnelles peuvent  être limitées chez les aînés atteints de certaines pathologies, en particulier  états dépressifs et  syndromes de déficits cognitifs,  comme chez les jeunes adultes atteints de handicaps mental ou psychique. Parler de « perte d’autonomie liée à l’âge » est un propos erroné, purement âgiste, qui tend à faire croire que l’avancée en  âge altère, voire supprime les capacités de décider pour soi.

Au contraire insister sur le vieillissement actif s’oppose aux vieux poncifs  qui incitent à mettre « les vieux au repos » (slogan de 1995). Les médecins savent depuis bien longtemps que mettre un vieillard dans un lit est le moyen le plus sur de le tuer. Ces dernières années les études s’accumulent pour démontrer les dangers vitaux de la sédentarité, de trop dormir, de passer trop d’heures au lit. On a pu même démontrer que passer trop d’heures devant la télévision était corrélé avec une mortalité accrue. Le simple départ à la retraite s’accompagne d’un déclin cognitif notable, mais  évitable chez celui qui reprend une autre activité. L’inactivité favorise la perte musculaire. Passer ses journées au fauteuil favorise la perte musculaire, la perte de l’équilibre et les chutes et fait que beaucoup de grands vieillards ont perdu toute mobilité. L’usage entretient la fonction.

Le vieillissement « actif » est la seule panacée anti – âge scientifiquement démontrée. Ne pas utiliser une fonction entraîne sa perte. Mais on ne peut  entretenir une fonction isolément. Les bénéfices de l’activité physique ont été les premiers prouvés, mais ils sont bien plus marqués avec une gymnastique faite en groupe (activité sociale) que tout seul chez soi. De même l’activité sociale entretient mieux  les fonctions cognitives que mots croisés, sudoku ou autres « stimulations cognitives » faites dans son coin. Il n’est pas indifférent de remarquer le « vieillissement réussi » des vieux artistes qui ne prennent  pas de retraite. Ils accumulent efforts physiques et psychiques, vie sociale et exposition au stress. Ils conservent ainsi leurs capacités ainsi entretenues, dont celles de faire face au stress. Les souris chez qui on a créé une maladie expérimentale de type Alzheimer, ne développent pas de lésions si elles doivent chercher leur nourriture par un chemin chaque jour différent.

Bien plus, l’avancée en âge n’interdit pas de créer. La créativité artistique peut se développer même chez es personnes âgées atteintes de maladie d’Alzheimer. Les nonagénaires peuvent toujours accroître leur masse et leur force musculaires.   Les octogénaires atteints de dégénérescence maculaire peuvent récupérer leur vision centrale par une difficile rééducation qui implique de créer de nouveaux  circuits synaptiques cérébraux. Les centenaires disposent encore de cellules souches pluripotentes qui ne sont  pas spécifiques des seuls embryons. On peut multiplier les exemples.

Il faut combattre la tendance lourde des médias et des dirigeants de ne voir la vieillesse  que comme une période de déclin où peu à peu toutes les facultés s’altèrent de façon irréversible. La vieillesse n’est que la suite de l’enfance puis de l’âge adulte. Le risque d’Alzheimer dépend largement du niveau scolaire atteint à douze ans. Le risque de fracture de col du fémur de la densité osseuse atteinte à 18 ans. Ce n’est pas l’âge chronologique le plus important, mais comment on a vécu et comment on continue à vivre. Certes on n’est pas  à 90 ans comme à 70 , ni à 60 comme à 30, mais la majorité des aînés vivra et mourra sans connaître de période de « dépendance » sauf dans les jours ou semaines qui précédent la mort. Mais il en est de même quel que soit l’âge où l’on meurt. Seule la mort est inéluctable. La vieillesse devient une période de plus en plus longue de l’existence. Conserver et développer des  activités, utiles ou non, des buts qui donnent un sens, une vie sociale active ne garantit pas contre les maladies, mais assure une vieillesse plus agréable et permet de mieux faire face à la maladie lorsque celle-ci survient. Cela aussi est solidement démontré.

Au XXIème siècle, le  grand problème de la vieillesse n’est pas la dépendance, c’est l’exclusion de la vie sociale et  sociètale et l’inactivité d’une vaste majorité de la population  âgée. La vision  âgiste de certains médias et le clientélisme  de nombreux politiques ne faciliteront pas la résolution de l’intégration de la vieillesse dans la société.

 

 

 

 

 

DERNIER DOCUMENT DE CLAUDE VIMONT POUR LE COMITÉ SCIENTIFIQUE DE OLD'UP
 

 OLD’UP

Comité scientifique

 

         

                                                                                                                                                                 3 Novembre 2011

 LA PLACE DES SENIORS EN DEUXIEME PARTIE DE RETRAITE DANS LA SOCIETE FRANÇAISE,

 

Un point de vue à réétudier dans un Monde en profonde  mutation                                                                                                                                                                                                                                                                             Deux  phénomènes nouveaux sont intervenus au cours des trois dernières années, dont nous ne prenons que progressivement conscience :

 

-        Le modèle économique sur lequel  les pays occidentaux vivaient depuis  50 ans ne peut survivre. Il faut imaginer un nouveau modèle dans lequel ces pays ne sont plus dominants. Leurs perspectives de développement sont moindres que dans le passé, avec la perspective d’un taux de croissance de 1,5 % en moyenne sur dix ans et de ce fait des conditions de vie plus difficiles tant pour les actifs que pour les retraités.

-        La Société occidentale, notamment européenne, vieillit,  la France, plutôt moins que les autres, grâce à un indice de fécondité élevé, qui lui donne, à la fois, un avantage à terme au sein de l’Europe, mais aussi une charge dans l’immédiat pour assurer l’éducation et

l’ insertion professionnelle des jeunes générations.

 

Dans la population française, la part des seniors en deuxième partie de retraite ( à partir de 70 à 75 ans selon les individus) va augmenter sensiblement pour deux raisons : les générations concernées vont être de plus en plus celles nées dans la période de grande croissance démographique de l’après guerre et leur durée de vie va s’allonger.

 

 Leur rôle social ou…leur poids dans la Société va-t-il s’accroitre ? C’est la réponse à cette question fondamentale qu’OLD’UP doit traiter.

 

De nombreux travaux de recherche ont été entrepris sur l’économie et la sociologie du vieillissement. Citons, à titre d’exemple :  dans les institutions publiques, ceux du Conseil d’analyse stratégique très impliqué dans cette approche ; dans les établissements d’enseignement supérieur, la chaire « Transitions démographiques, Transitions économiques, sous la direction de J.-H.LORENZI  à l’Université « Paris-Dauphine » ; dans les instituts privés, le think tank  SIVERLIFE ; à l’étranger, le mouvement américain, « SELFHELP », qui a créé des « innovative senior centers » , également,  la Fondation « Charles Léopold MAYER », avec laquelle travaille P.CARO, nouveau  membre de notre Comité. Des rapports ont été rendus,  sur le thème du « Bien vieillir », notamment par O.de LADOUCETTE,  nouveau  membre parmi nous, lui aussi.

Notre Comité doit tenir compte des résultats de ces travaux de recherche pour orienter son action.

Deux idées directrices ressortent de ces travaux très nombreux et  très  divers  dans leurs approches :

-        Une, qui s’impose. « Des seniors actifs même tardivement :  une population plus heureuse que celle des retraités inactifs, un poids en moins pour une Société en plus faible croissance ». Les modalités de cette participation à la vie sociale deviennent de plus en plus diversifiées.

-         L’autre, qui surprend et n’est pas encore admise. «Le traitement du vieillissement peut être un facteur de croissance économique », l’inverse de la thèse actuellement soutenue « Une croissance nouvelle ne peut venir que par le renouveau de l’industrie » (même si celui-ci est, en effet, indispensable ). Mais ce n’est  pas le seul secteur, qui peut créer une productivité supplémentaire du travail dans notre Société, comme celle attendue dans l’industrie, génératrice de baisse de coûts et, de ce fait, facteur important de relance. Des gisements existent également au sein du secteur des services à la personne. Il faut que les seniors, qui peuvent en être bénéficiaires, les recherchent.


1.- Des seniors actifs même tardivement , les « retraités professionnels » (d’après la formule de P.CARO) : une population plus heureuse que celle des « retraités inactifs », un poids en moins pour une Société en plus faible croissance.

                  OLD’UP trouve toute sa place dans cette première voie. Il suffit de lire le rapport moral 2010-2011 pour constater que les moyens d’action qu’il met en œuvre, les antennes, les ateliers, les travaux menés en partenariat, notamment dans le cadre du « Manifeste » signé avec plusieurs autres associations, les participations extérieures, le site s’inspirent de ces principeS.

Il s’agit d’abord de permettre aux personnes concernées de garder la maîtrise de leurs actions, tant sur le plan physique qu’intellectuel. Tous les aspects de leur vie sont pris en compte, les conditions  d’organisation de leur emploi rémunéré ou bénévole, à temps plein, partiel ou irrégulier, en fonction de leur mode de vie et de l’urgence relative des tâches, qui leur sont proposées, mais aussi leurs relations avec leurs enfants et petits-enfants, quelquefois  déjà devenus adultes, enfin les conditions de la fin de leur vie et leur attitude à l’égard de la mort.  Cet universalisme des centres d’intérêt de notre association doit être souligné, de même que la concentration de ses actions sur les personnes en deuxième partie de retraite. Ce sont deux caractéristiques originales que nous devons mettre en exergue dans la présentation de l’association, comme nous le faisons dans la réalisation de nos actions.


2.- Les recherches les plus récentes au sein d’OLD’UP portent sur des sujets en train de naître dans notre Société,  sur lesquels nous avons encore peu d’expérience.

-        Ces  recherches  traitent des modes d’habitat nouveau des personnes âgées, que la solution de la Maison de retraite rebute (co-location, logements intergénérationnels, etc…).

-        Elles concernent également le recours au « numérique au quotidien »,pris dans un sens large :  usage de l’ordinateur ou des tablettes en voie de développement,  des téléphones, portables et  smartphones,  des lecteurs de DVD,  des stations de jeux interactifs, comme plus simplement des bornes interactives des gares,  des salles de cinéma, des banques.

 

                  Engager les personnes  nous concernant  dans cette voie suppose une modification profonde du fonctionnement de leur cerveau, orienté sur une mémoire profonde de connaissances accumulées dans le temps, avec quelquefois une  difficulté grandissante à la mobiliser rapidement. Or ce qui leur est demandé dans ces modes nouveaux d’habitat et encore plus  dans ces techniques nouvelles d’expression est d’être très rapide dans leur réaction et créatif dans leur démarche  pour trouver le bon comportement,  et de s’intéresser au monde extérieur plus qu’elles le font spontanément.  Ce sont des qualités antinomiques de celles qu’elles avaient mises en pratique dans leur vie passée. L’effort demandé est très important.

                  En revanche, l’effet personnel sur leurs conditions de vie est aussi considérable. Le  succès dans cette voie permet de rester en contact avec  son entourage, notamment le plus jeune. Mais il est aussi de permettre à la Société toute entière de mieux fonctionner, parce qu’elle devient plus homogène. Cette meilleure connaissance du fonctionnement de la Société nouvelle évite  des accidents, qui  peuvent  ainsi être prévenus, d’importantes dépenses de services d’urgence ou simplement la surcharge de demandes d’informations au guichet ou au téléphone  mal formulées. Le gain pour la Société est loin d’être négligeable, de même que les nouvelles formules d’habitat coûtent moins cher que les Maisons de retraite traditionnelles.

Le double intérêt de notre action se retrouve ainsi dans ces travaux. Mais, dans ce cas, la « valeur ajoutée » par les seniors n’est pas seulement celle du travail exercé par l’emploi rémunéré ou bénévole. Elle résulte d’une meilleure intégration dans les modes nouveaux d’organisation de la Société.


3.- Des  champs d’action complètement nouveaux dans cette perspective vont  s’ouvrir dans d’autres domaines :

-        Le développement des « réseaux sociaux » et leur usage par les seniors, comme une étude de l’Université de VALENCE (citée par P.CARO) tend à le prouver, ont  pour conséquence d’influer sur l’état de santé et les comportements sociaux de ceux-ci. Ils peuvent favoriser les bons comportements dans des domaines, tels que le risque d’obésité, les dangers du tabac, les avantages de l’exercice, physique  ou même intellectuel . Ces moyens nouveaux entrainent chez les seniors un changement de  comportement, éventuellement  la sensation  d’un plus grand bonheur par la mise en relation avec d’autres personnes placées dans la même situation. Les seniors s’aident ainsi entre eux, y compris dans leurs comportements émotionnels. C’est un «  modèle social »  nouveau, auquel les seniors doivent participer activement, qui va permettre de maintenir plus longtemps une vie indépendante.

-        Un concept nouveau apparait, celui de la« conception universelle » , intitulé de façon plus claire en anglais « design for all ». On entend par là la conception de produits  et de services qui puissent être utilisés par tous, dans  la mesure du possible, sans nécessiter ni adaptation ni conception spéciale. Cela revient à prendre en compte les comportements des personnes âgées à l’égard des objets usuels, dont elles  n’ont plus la maitrise manuelle, ainsi que  leur difficile compréhension du mode d’utilisation des services mis à leur disposition. Il faut  rechercher comment  tenir compte de cette situation dans la fabrication du produit ou dans la prestation de service. On doit ainsi arriver à définir un produit ou un service « universel » dans sa capacité à être utilisé.

Ce concept a été défini par une convention de l’ONU de Décembre 2006 le promouvant, ratifiée  par la France. C’est pourquoi «  L’Observatoire interministériel de l’accessibilité »  a ajouté à son nom « et de la conception universelle » et qu’un colloque sera organisé sur cette thématique, le 9 Décembre 2011 à PARIS. Les seniors doivent y participer activement.

Les perspectives de participation des seniors  à une vie sociale ainsi rénovée montrent quelle peut être l’importance de la « valeur ajoutée » apportée par ceux-ci avec des modalités de plus en plus diversifiées. Une information (non controlée)  m’a appris que la comptabilité nationale suisse intégrait dans son calcul du Produit Intérieur Brut (PIB) l’activité des seniors retirés du marché du travail  utile à la Société. C’est  dans cette voie que nous devons aller, même si nous n’en traduisons pas nécessairement les résultats de façon comptable. Il faudrait, sans doute, simplement reconnaitre ces activités comme productives  dans le cadre d’une Société, fondée sur un nouveau modèle social. Le « poids » des seniors dans cette Société  serait moins fort qu’aujourd’hui.

 

4.-  Le traitement du vieillissement peut être un facteur de croissance économique par lui-même

  C’est un point de vue nouveau, qu’il faut prendre en compte, alors que, jusqu’à maintenant, seul l’aspect social de ce traitement  est considéré, ce qui conduit à n’en voir que la charge financière supplémentaire sur l’Etat, les Collectivités locales et la Sécurité sociale.

                  Celle-ci  augmentera nécessairement avec le nombre de personnes concernées. Mais, contrairement à la façon dont ce problème a été traité dans le passé, la dépense ne sera plus considérée comme non contrôlable. Le coût de chaque contribution à l’aide des seniors sera examiné avec soin pour rechercher les meilleures contributions possibles dans le cadre des moyens financiers disponibles. C’est alors qu’on s’apercevra que les progrès de productivité à la personne aidée correspondent  à un potentiel de développement à coût contrôlé particulièrement important. Le « management » des services à la personne peut faire de grands progrès , comme il l’a permis dans les entreprises productrices de biens et de services marchands. Ceux-ci ne peuvent être réalisés qu’avec la participation des seniors eux-mêmes, capables de détecter les dysfonctionnements existants et de proposer des innovations dans les services qui leur sont rendus et dans  la façon de les rendre. Ils ont la connaissance «  vécue »  de leurs besoins  immédiats, comme de ceux qu’ils auraient voulu voir satisfaits dans les premières années de leur période de vieillissement. Une économie du vieillissement bien menée  avec leur participation peut être un  facteur  de baisse des coûts  pour chaque individu concerné.

 

5.- Comment déterminer la capacité des personnes vieillissantes à participer de ces différentes façons à un nombre croissant d’activités.

C’est dans cette perspective que le projet présenté par O. de Ladoucette  d’établir un  bilan de compétencesdes seniors à un âge sans doute intermédiaire dans le cours de la retraite, «  pas trop tôt, mais pas trop tard », pour que l’expérience de la période de  retraite ait déjà été vécue. A cet égard, le mouvement  OLD’UP est très bien placé : le début de la deuxième partie de la vie de senior, ou, tout au moins la vision en perspective de celle-ci, pour ceux qui n’ont pas encore atteint ce stade.

                  Cette analyse, passée par la voie de la recherche sur l’économie du vieillissement, se termine par une incitation à privilégier les aspects psychologiques de la gestion des personnes vieillissantes . C’est ce que propose également  O. de Ladoucette dans son rapport, mais c’est aussi la démarche qu’OLD’UP suit déjà dans ses ateliers et ses antennes . Le prochain pas à franchir est de définir  une conception d’ensemble de tous les aspects du vieillissement dont  les personnes en deuxième partie de vieillissement doivent être capables de prendre conscience.

                  Il reste à espérer que le comité scientifique de notre association pourra servir d’intermédiaire entre les milieux de la recherche et les adhérents d’OLD’UP pour nous faire progresser dans cette voie.